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Mélanie Martinez et Crybaby, l’histoire d’une vie tourmentée

J’avais déjà fait un article introductif sur qui est Mélanie Martinez et en quoi consiste son art mais aujourd’hui on va se lancer dans le vif du sujet. Quelles sont les interprétations de l’album « Crybaby » ? En effet, Mélanie Martinez est une artiste engagée dans son art et cherche à faire passer un message dans ses singles et ses clips. La plupart du temps, ces interprétations sont accessibles facilement car très explicites mais d’autres sont plus complexes et implicites.

 

Pour commencer avec une vue globale de l’album, je dirais que l’aspect visuel s’inscrit dans un cadre pop surréaliste et que son style musical est plutôt emo pop. En effet, dès le premier coup d’œil sur la pochette de l’album, on remarque cet univers à la fois enfantin, mystique et inquiétant dans lequel Mélanie Martinez nous plonge. Cette atmosphère ambivalente, tantôt digne d’un conte de fée et tantôt mystérieuse nous plonge dans un univers totalement irréel et semblable à un rêve.

 

Crybaby, est une version fantastique de Mélanie Martinez, un avatar créé pour son premier album « Crybaby » du même nom. Elle est en quelque sorte l’alter-ego de Mélanie. On suit son histoire dans les chansons de l’album et les clips ( mais son histoire continue dans l’album sorti le 6 septembre de cette année, nous le verrons dans un autre article ). Crybaby est une jeune fille sensible vivant dans un famille problématique ( avec son frère, sa mère et son père ). Le père est présenté comme aillant des problèmes qui rendent la mère dépressive et alccolique, son frère fume, quant à lui, du cannabis. Les addictions semblent au coeur des problèmes de cette famille.En raison de sa nature émotionnelle, elle se moquait constamment de elle. Cet environnement rendait Crybaby instable, faisant des crises de colère mais on remarque une évolution dans l’album, Crybaby grandit apprend à surmonter ses difficultés de confiance en elle, à gérer ses émotions et découvre le bonheur. Physiquement, Crybaby est représenté dans les clips avec des yeux bruns et un écart entre ses deux dents de devant. Ses vêtements peuvent changer en fonction des scènes et des clips mais ce n’est pas le cas des autres personnages. Elle a deux cheveux colorés, un côté coloré ( qui peut changer selon les clips et les scènes ) et un côté noir.

 

 

« Crybaby » est la première chanson de l’album, elle nous montre la naissance du personnage et le commencement de sa vie et de sa relation avec sa mère. Lors de la scène de sa naissance, on remarque que la mère râle car le bébé pleure et repète sans cesse « cry baby ». Le frère en entendant cela marque « Crybaby » sur son acte de naissance et symboliquement il nous annonce la suite de l’histoire. Immédiatement après sa naissance, Cry Baby, est emmenée chez sa mère avec son grand frère. Le personnage de la mère apparait comme instable dès le debut du clip car : le grand frère lui allume une cigarette juste après la naissance du bébé et, plus tard, elle tient un biberon dans une main et une bouteille de vin dans l’autre. La jeune fille est présentée comme une pleurnicharde tout le long de la chanson ( référence a son nom ) et le personnage aurait un coeur trop gros pour son corps, prenant les choses trop à coeur. On le voit notamment dans un passage, ( « You’re all on your own and, you lost all your friends ») car malgré son attitude positive, des larmes ruissellent le long de ses joues. A la fin du clip, on voit que Crybaby pleure tellement que l’eau s’accumule et on la voit déborder des fenêtres d’une maison de poupées, ceci fait le lien avec la chanson suivante, « Dollhouse ».

 

 

Mais même si sa famille prétend être parfaite lorsqu’elle est en compagnie d’autres personnes, la chanson « Dollhouse » nous montre sa face cachée et fait tomber les masques. Crybaby ressent en effet un sentiment de faux et de plastique dans cette chanson et montre les faiblesses de chaque membre de la famille, elle sous-entendant que cette famille est sa faiblesse. La mère est une alcoolique et dépressive car elle sait ( on le suppose avec la chanson qui suivra ) et car son fils se drogue. La fille semble être la seule à voir la vérité en face. Dans le clip, la famille est dans une maison de poupée ( la même que dans « Crybaby » ) essaye de montrer la réalité à une petite fille qui joue avec. Elle lui parle directement, « Hey girl, open the walls, play with your dolls », et lui explique que ça ne sert à rien de jouer aux poupées pour échapper à sa vie. En effet, cette famille est comme un lot de poupées jouant le bon rôle face aux spectateurs ( la petite fille ) mais cachant en fait la réalité. Par exemple, la mère est addict à l’alcool alors que tout le monde pense que c’est la femme parfaite. Cette chanson montre un aperçu de la vie de « CryBaby » et de sa famille « parfaite » mais les masques tombent dans la chanson « Sippy Cup », suivante dans l’album.

 

 

La mère de Cry Baby attrape son mari et ramène une autre femme à la maison. Elle les attache et les poignarde à mort, vraisemblablement sous l’influence de l’alcool. Après que Cry Baby ait découvert les corps de son père et de sa maîtresse, sa mère l’a droguée pour lui faire oublier ce qu’elle avait vu. Cette chanson révèle les événements qui suivent ce qui se passe dans « Dollhouse », elle fournit un regard plus profond sur la vie de famille de Cry Baby. On est recentré sur la mère de Cry Baby qui au travers d’une métaphore illusoire, elle fuit la réalité car elle ne veut pas l’affronter et surtout quand il s’agit de sa relation avec son mari. Le vers, « Les enfants sont toujours déprimés quand vous les habillez », désigne parfaitement cetla mais malgré cet effort pour cacher « la merde sous le tapis », le mal reste toujours le même. On voit au début du clip, la mère ivre sur le sol mais son mari tombe dans la maison avec sa maitresse ( eux aussi ivres ). C’est à ce moment que sa femme comprend qu’il l’a trompé et qu’elle les assassine. Mais quand Cry Baby découvre les corps, la mère l’endort avec du chloroforme et efface ses souvenirs avec la « Sippy Cup », une tasse remplie d’un liquide inconnu. Cry Baby n’est pas morte à la fin mais a prit une drogue pour oublier ce qu’elle a vu.

 

 

Cry Baby entre ensuite dans une relation avec un garçon qu’elle rencontre lors du carnaval ( plus tard il sera nommé Alphabet Boy ). C’est une relation unilatérale et donne le vertige à Crybaby car elle n’arrive pas à «rattraper son amour». La chanson s’appelle « Carousel » car elle tourne en rond comme sur un manège. Ce garçon est le premier amour de Cry Baby car il est sa « première rencontre amoureuse » ce qui rend la situation encore plus douloureuse quand elle réalise qu’elle ne peut pas aller de l’avant dans leur relation. Elle voulait vivre un conte de fée mais se retrouve piégée dans une relation à sens unique dans laquelle elle ne se reconnait pas. La chanson exprime comment Cry Baby n’arrive pas à se sentir fière de sa relation et n’y trouve aucun réconfort. Elle tourne en rond sans jamais réussir à sortir de ce cercle infernal pour attraper ce qu’elle désire. Mais Cry Baby se rend vite compte que cette relation est toxique et rompt avec lui.

 

 

Elle prouve qu’elle est aussi intelligente que lui lorsqu’il tente de la rabaisser dans « Alphabet Boy ». Alphabet Boy est le garçon dont elle est tombée amoureuse dans « Carousel » mais elle a réalisé la toxicité de leur relation et qu’il ne mérite pas les efforts qu’elle a fait pour aimer. Crybaby prouve qu’elle est aussi intelligente que lui et même plus intelligente ( en référence à un garçon qui rabaissait Mélanie au collège en essayant de lui apprendre à écrire ). Elle l’abandonne en disant qu’elle n’est pas un petit enfant maintenant et qu’elle peut prendre des décisions pour elle-même, elle prend le chemin de la croissance et la maturité. Cette chanson est la plus riche en procédés littéraires et notamment en allitérations :

 

 

 » You’re always aiming paper airplanes at me when you’re around
You build me up like building blocks just so you can bring me down
You can crush my Candy Cane but you’ll never catch me cry
If you dangle that diploma and I deck you, don’t be surprised

I know my ABC‘s, yet you keep teaching me
I say, fuck your degree, alphabet boy
You think you’re smarter than me with all your bad poetry
Fuck all your ABC‘s, alphabet boy « 

«  Apples aren’t aalways appropriate apologies
Butterscotch and bubblegum drops are bittersweet to me
You call me a child while you keep counting all your coins
But you’re not my daddy and I’m not your dolly
And your dictionary’s destroyed « 

 

Elle fait ici un rapprochement avec sa capacité à maîtriser les lettres là où il la traitait comme une illettrée.

Suite en cours…